Bonjour à toutes et tous.

Cette newsletter sera bimensuelle. Je vous parlerai sans langue de bois et probablement avec beaucoup de diplomatie de mon quotidien d’entrepreneuse. Ce format de newsletter j’en parle depuis plus d’un an et pour moi ce n’est pas normal ! Dans la vie, un des traits de mon caractère c’est de faire et puis de réfléchir après. Je ne suis pas complètement inconsciente je vous rassure mais je fais d’abord et en faisant j’ajuste. C’est ma façon de fonctionner : je dois mettre les mains dedans pour comprendre comme cela va se passer.

Alors pour cette newsletter, à part avoir l’intime conviction qu’il fallait que je le fasse, en parler souvent et réfléchir pendant 1 an à comment j’allais m’y prendre, il ne s’est rien passé.

La bonne nouvelle c’est qu’en un an j’ai eu plein d’idées pour la suite… Mais ça ne me ressemble tellement pas. Je m’imaginais telle une Carrie Bradshaw vous écrire ma rubrique toutes les semaines, (d’ailleurs quelle journaliste qui écrit si peu a les moyens d’avoir un appart dans le West Village et une nouvelle paire de Manolo Bhalik tous les épisodes ? Ok, elle a écrit des livres mais bon c’est pas l’eldorado l’édition ! On nous a menti à un moment, la vie d’indépendante c’est un peu plus le bordel que ça!). Et voilà comme vous pouvez le voir, je suis de retour, je fais des digressions longue comme le bras…

Tout ça pour dire que je m’imaginais en train de vous écrire à la terrasse d’un café, depuis mon petit bureau avec ma vue sur Paris, sur mon canapé en jogging, bref je m’y voyais déjà ! Et j’ai tout d’un coup été prise d’une panique toute nouvelle :

– « Mais qui suis-je pour prendre la parole comme ça et parler d’entrepreneuriat ? » 

Coucou le syndrôme de l’imposteur ! Ou de l’usurpatrice peu importe le mot. Il m’aura fallu 11 mois et 7 semaines de réflexion, pour avoir le déclic. Un jour comme les autres je parlais de l’histoire d’une Femme inspirante qui est partie de rien et qui a monté son entreprise dans un milieu d’hommes pour aujourd’hui gérer 500 employées et finalement revendre sa boîte en mode “jackpot”. Et bien, au début, au DAY ONE, elle était seule sur son canapé.

En disant les mots « sur son canapé », ça a été l’épiphanie. Mais attendez, moi aussi je suis légitime, moi aussi quand j’ai commencé j’étais solo sur mon canapé, et maintenant j’emploie 25 personnes et 2 stagiaires dont 1 alternance. Alors non, je ne suis pas en train de revendre ma boîte mais tout ça, tout le “package de la galère”, je le vis : Make My Lemonade c’est ma vie. Ces 5 dernières années (ok 4 et demi) je les ai vécues de plein fouet, et je crois pouvoir apporter ma pierre (aussi petite soit elle pour l’instant) à l’édifice.

Ce sentiment ne dicte pas qui je suis, il est présent mais ne me définit pas. Je le vis, je le ressens donc je suis légitime pour en parler. CQFD. Fin de thérapie ou presque.

J’avance.

Avec moi ce n’est pas plus compliqué que ça. J’avance vite, une discussion, regarder le problème bien en face, identifier ce que ça réveille en moi et boum je passe à autre chose. J’ai la chance de fonctionner comme ça. Mais je vous rassure j’ai d’autres soucis que je mets un peu plus de temps à régler.

L’idée avec cette newsletter ce n’est pas de donner des conseils – je pense que je suis loin d’être arrivée – mais c’est de vous parler des choses de mon quotidien. Choses qui me paraissent normales parce que j’ai le nez dedans mais quand je lis vos messages sur les réseaux sociaux qui me demandent, quels sont mes processus créatifs, comment j’écoute mon intuition, comment créer une collection step by step, comment recruter une équipe… Je me dis que j’ai tellement de choses à vous raconter !

Pendant cette année de réflexion j’ai écrit dans les notes de mon téléphone des sujets que j’avais envie d’aborder comme : L’autorité est elle compatible avec la bienveillance, les valeurs d’une entreprise, l’écologie et mon dégoût de la désinformation, de la peur de rater et des risques à prendre, de la gestion des conflits… Bref plein de trucs !

Je n’ai pas de solution miracle mais je peux vous parler de mes questionnements et de ce que j’ai pu faire pour ma boîte en espérant que ça puisse vous être utile (à vous d’en tirer les apprentissages dont vous aurez besoin).

J’apprends tous les jours et je suis loin d’être la perfection incarnée — et puis je pense que ça rend malheureuse d’essayer de l’être, mais ça on en reparlera aussi.

Je vous mentirais si je vous disais qu’être entrepreneur.se c’est simple. Il faut aimer tomber, savoir rebondir, regarder les problèmes bien en face et ne pas plisser les yeux pour que ça passe mieux. Mais quand vous arrivez au bout de vos objectifs c’est si bon ! Généralement en chemin, vous trouvez du plaisir et aussi de nouveaux objectifs… Et puis il y a un terme que je trouve galvaudé, c’est celui de “success story”, qui occulte souvent la partie acharnée de l’entrepreneuriat, pour ne garder que le côté brillant de l’iceberg. Parce que (je vais être vulgaire) putain c’est du boulot, du travail, du taf, des larmes, des larmes, du taf encore, du boulot toujours , DE LA JOIE, et du boulot encore. Alors si d’aventure vous croisez le terme « success story » n’oubliez de le faire rimer « work stories ».

bisous

Lisa